Algérie : aucun candidat ne s’est présenté après expiration du délai légal

Le délai légal pour déposer les dossiers de candidature à la présidentielle du 4 juillet en Algérie a expiré samedi à minuit. Aucun candidat ne s’est présenté à ce scrutin, ce qui signifie que cette élection est annulée et que les Algériens doivent chercher une sortie de crise.

Selon des sources informées concordantes, jusqu’à la dernière minute du délai de dépôt des candidatures auprès du Conseil constitutionnel, dimanche à l’aube, aucun candidat n’a présenté son dossier comme prévu.

Samedi Après midi, le candidat Lakhdar ben-Zahia a émis un communiqué annonçant son retrait de la course, “du fait que je me suis retrouvé tout seul au Conseil constitutionnel après le retrait des autres candidats. C’est pour cela que j’ai préféré me retirer, bien que mon dossier soit en règle”.

D’après le dernier bilan fourni par le ministère de l’Intérieur, 77 personnes ont demandé des formulaires de recueil de parrainages, dont 74 sont des indépendants et majoritairement des personnalités peu connues. Trois autres personnalités appartiennent à des partis politiques.

Selon les traditions en Algérie, des personnalités n’ayant pas de présence dans la scène politique annoncent leurs candidatures pour différents scrutins, mais finissent par échouer à rassembler les parrainages nécessaires, dont le nombre s’élève à 60 mille signatures pour la présidentielle.

Samedi, deux leaders de partis politiques ont annoncé leur retrait de la course. Il s’agit d’Abdelaziz Belaïd, président du Front al-Moustaqbal (futur) et Belgacem Sahli, secrétaire général de l’Alliance républicaine, deux formations politiques du “centre”.

Le 9 avril dernier, le président intérimaire Abdelkader ben-Salah a signé le décret de l’Instance ad hoc pour l’élection d’un nouveau Président le 4 juillet, après la démission d’Abdelaziz Bouteflika sous la pression de la rue.

Selon la loi électorale, les candidats désireux de rejoindre la course à la présidentielle doivent présenter leurs candidatures au Conseil constitutionnel dans un délai de 45 jours après publication du décret portant invitation aux électeurs, soit le 25 mai à minuit.

Depuis l’annonce de ce scrutin, la majorité des partis politiques, tout comme le mouvement populaire, ont exprimé leur refus que des symboles du régime de Bouteflika chapeautent l’organisation de l’élection, alors que l’institution militaire a insisté sur le fait de rester dans le cadre de la Constitution et tenir des élections dans les plus brefs délais.

Ce blocage a ainsi créé une situation juridique inédite, dans la mesure où il n’existe pas de textes explicites permettant de gérer un boycott d’un rendez-vous électoral.

Le mandat de 90 jours d’Abdelkader Ben Saleh expire le 9 juillet prochain, ce qui est en mesure d’ouvrir la voie à des jurisprudences pour une sortie de crise.

Dans ce contexte, l’ancien ministre (islamique) Abdelmajid Menasra a publié un communiqué affirmant que “l’expiration du délai légal des candidatures sans qu’aucun candidat ne se présente, signifie l’annulation automatique de l’élection”.

Dans la pratique, Menasra s’attend à ce que le Conseil constitutionnel annonce officiellement l’annulation de la présidentielle du 4 juillet et l’ouverture d’un dialogue politique et l’annonce d’une nouvelle date dans les 90 jours.

Pour sa part, Abdelwahab Zaim, chef du bloc parlementaire du Front de libération national, au pouvoir, a indiqué que la solution de ce blocage existe dans l’article 103 de la Constitution.

Sur sa page Facebook, il a écrit que dans le cas où aucun candidat ne se présente, la date de l’élection doit être reportée pour un délai maximum de 60 jours. Le Président en exercice continue, dans ce cas, de gérer le pays jusqu’à l’investiture du nouveau Président.

De son côté, Ameur Khabeba, expert juridique, a indiqué dans un tweet qu’il est impossible de tenir l’élection du 4 juillet, alors que le Conseil constitutionnel n’a publié aucune position sur la question.

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