Brexit: la presse britannique épingle le «plan B» de Theresa May

Ce mardi matin, les journaux britanniques comme les députés au Parlement la veille reprochent à Theresa May, en fait de « Plan B », de s’accrocher à son plan initial avec simplement quelques altérations pour amadouer les récalcitrants dans son camp plutôt que d’obtenir un compromis avec l’opposition, des titres de la presse qui ne sont pas très encourageants pour la Première ministre.

Plusieurs quotidiens expriment la frustration ambiante en titrant : Groundhog Day, en référence au film des années 80 Un Jour sans fin, où le héros est prisonnier dans le temps et revit sans arrêt la même journée.

Pour The Independent en ligne comme le gratuit Metro, le fait que Theresa May propose simplement d’altérer son « Plan A » en allant discuter à Bruxelles sur la même question du « backstop » irlandais semble par trop familier et voué à l’échec.

Espoirs douchés

Le Financial Times s’empresse d’ailleurs d’annoncer en Une que les espoirs de la dirigeante de revisiter le filet de sécurité avec le bloc européen ont été immédiatement douchés par Michel Barnier.

Le négociateur européen a plutôt suggéré à la Première ministre de chercher à négocier une relation future avec les Vingt-Sept plus ambitieuse. Enfin la presse croit savoir que plusieurs ministres sont prêts à bloquer un « no deal », un Brexit sans accord.

Le Times et le i rapportent que la secrétaire d’Etat Amber Rudd, pourtant fidèle indéfectible de Theresa May a prévenu que quelque 40 ministres pourraient démissionner si leur patronne ne leur accorde pas un vote libre pour empêcher une sortie sans accord.

Inquiétude du FMI

Mais le Brexit ne préoccupe pas seulement les médias britanniques. A l’occasion du 49e forum économique mondial de Davos, le Fonds monétaire international a dévoilé ces dernières estimations pour l’économie de la planète. Une croissance encore solide à 3,5% mais qui ralentit plus vite que prévu. Le FMI s’inquiète de la situation au Royaume-Uni et a appelé Britanniques et Européens à mettre fin « impérativement » aux incertitudes qui entourent le Brexit.

« Le risque immédiat pour l’économie britannique est le Brexit, insiste Gita Gopinath, la nouvelle cheffe économiste de l’institution. Les incertitudes liées à quelle forme prendra le divorce entre Européens et Britanniques en mars est le facteur dominant. »

« Nous avons déjà perçu les effets négatifs de cette incertitude dans les investissements britanniques. Nous avons déjà donné nos estimations sur ce qu’un No Deal va coûter à l’économie britannique. Et pas d’accord sur le Brexit, c’est revenir aux règles de l’OMC. Cela signifie pour l’économie britannique un recul à long terme de 5 à 8% du PIB. Ce serait vraiment significatif. Il est donc impératif que cette incertitude soit levée au plus vite. »

(rfi)

 

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