Coronavirus : en Autriche, jusqu’à 3 600 euros d’amende

TÉMOIGNAGE. Les Autrichiens sont, eux aussi, en confinement face à l’épidémie de Covid-19. Un expatrié français raconte son quotidien à Vienne.

Par Thibaut DéléazPublié le 19/03/2020

« On peut sortir faire des courses, aider une personne qui en a besoin, travailler si on ne peut pas faire autrement, s’aérer, mais c’est tout. » Comme la France, l’Autriche vit à l’heure du confinement, décrété durant le week-end pour faire face à la pandémie de coronavirus. Renaud Lagabrielle, Français expatrié depuis 23 ans à Vienne, où il est professeur de cinéma à l’université, raconte au Point sa vie en quarantaine.

« Ce week-end, les consignes changeaient d’heure en heure, c’était à ne rien y comprendre ! Au début, ils ont dit que les restaurants pourraient ouvrir jusqu’à 15 heures chaque jour. Puis, quelques heures plus tard, il a finalement été décidé de les fermer mardi, puis lundi. » Les autorités autrichiennes ont, par ailleurs, interdit les rassemblements de plus de cinq personnes. « On peut avoir jusqu’à 3 600 euros d’amende si on enfreint cette règle, autant dire que c’est dissuasif. » Pour le confinement, « ils comptent sur le bon sens et la responsabilité des gens, et ça marche plutôt bien. »

Garder le moral

Pour s’occuper, Renaud Lagabrielle continue de faire cours à ses étudiants, par Internet. « Je leur propose de se retrouver à l’heure habituelle du cours pour discuter et rester en contact, se rassurer. » Mais les outils informatiques de l’université, pas dimensionnés pour encaisser autant de connexions en cette période de confinement, « sont saturés ». Pour préparer ses cours, le Français fait comme il peut. « On nous avait dit qu’on pourrait revenir au bureau lundi chercher nos dossiers, mais finalement l’université a été complètement fermée. »

Dans ce contexte, difficile de rentrer en France, d’autant que l’Autriche a suspendu les vols de et vers l’Hexagone depuis le 16 mars. Il n’y a de toute façon « jamais pensé ». « Mais ce qui est très dur, c’est que ma mère est à Nantes, elle a 74 ans. Je me dis que, s’il lui arrive un truc à elle, je ne pourrai pas aller la voir. »

« On fait au jour le jour, on essaye de garder le moral, relativise-t-il. On vit à deux, même si mon mari, médecin à l’hôpital, est très sollicité. On a un grand appartement, il fait un temps magnifique et on peut ouvrir les fenêtres pour en profiter. Il me reste mes cours, il y a Netflix pour changer des infos sur le coronavirus à la télévision… » Reste une inconnue : comment tenir sur le long terme ? « C’est sûr que ça ne fait que quatre jours, il faut voir sur la durée. »

Avec lepoint.

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