Journaliste saoudien disparu à Istanbul: ouverture d’une enquête judiciaire

Istanbul – Où est Jamal Khashoggi ? Mardi 2 octobre, ce journaliste saoudien passait la porte du consulat de son pays à Istanbul pour des formalités administratives. Personne ne l’a vu en ressortir et pourtant Riyad affirme qu’il ne s’y trouve plus. Le procureur général d’Istanbul a annoncé samedi 6 octobre l’ouverture d’une enquête. La police turque estime que Jamal Kashoggi a été tué au consulat d’Arabie saoudite, a indiqué une source proche du gouvernement à l’Agence France-Presse.

A l’évidence, les autorités turques ne sont pas convaincues par la version de Riyad, selon laquelle Jamal Khashoggi aurait quitté le consulat d’Arabie saoudite peu après y être entré, avant de se volatiliser. D’abord parce que personne, y compris sa fiancée turque qui l’attendait à l’extérieur, ne l’a vu en sortir. Surtout parce que les caméras de surveillance alentour ne montrent aucune trace du journaliste.

La situation est jugée suffisamment inquiétante pour que le parquet d’Istanbul ait décidé d’ouvrir une enquête sur la disparition de Jamal Khashoggi. Dans la soirée de samedi, des sources policières turques ont confirmé à l’agence de presse officielle Anadolu que l’éditorialiste n’avait pas quitté le consulat.

L’agence affirme aussi que le jour de sa disparition, une quinzaine de ressortissants saoudiens, « dont des officiels », auraient atterri à bord de deux avions à Istanbul pour se rendre au consulat, avant de s’envoler à nouveau vers l’Arabie saoudite. Le journaliste s’était rendu une première fois au consulat pour des formalités administratives quelques jours avant sa disparition, et qu’on lui avait demandé de revenir, ce qui accréditerait la thèse d’un crime prémédité.

L’agence de presse Reuters qui rapporte l’information, cite deux sources officielles turques, selon lesquelles la police turque estime que l’éditorialiste saoudien aurait été tué à l’intérieur du consulat de son pays à Istanbul, que son assassinat aurait été prémédité et que son corps aurait depuis été sorti du consulat. Si ces allégations se confirment, cet événement sans précédent pourrait déclencher une crise dans les relations déjà très tendues entre la Turquie et l’Arabie saoudite.

Sûr de son fait, le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salman, s’est dit prêt à autoriser les autorités turques à fouiller les lieux. Une déclaration qui met Ankara dans une position délicate diplomatiquement, d’autant que ses relations avec Riyad n’ont cessé de ses dégrader au cours des derniers mois.

(rfi)

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