L’Arabie Saoudite dément les allégations qui “circulent sur des ordres pour tuer” Jamal Khashoggi

Le ministre saoudien de l’intérieur a démenti samedi les allégations qui “circulent sur des ordres pour tuer” le journaliste Jamal Khashoggi, peu de temps après qu’une délégation saoudienne est arrivée en Turquie pour enquêter sur sa disparition.

Le ministre saoudien de l’intérieur a démenti samedi 13 octobre les allégations qui “circulent sur des ordres pour tuer le journaliste dissident Jamal Khashoggi”, dénonçant dans une déclaration officielle des “mensonges sans fondement”. Le prince Abdel Aziz ben Saud ben Nayef, cité par l’agence officielle SPA, a assuré que son pays était “attaché à ses traditions de respect des règles et des conventions internationales”.

Cette déclaration intervient peu de temps après qu’une délégation saoudienne est arrivée vendredi en Turquie, où elle doit prendre part à l’enquête ouverte sur la disparition du journaliste Jamal Khashoggi, a appris Reuters auprès de trois sources turques. L’Arabie saoudite reste fortement suspectée par Ankara d’avoir éliminé l’opposant.

Des sources saoudiennes précisent qu’un haut responsable du royaume, le prince Khaled al-Faiçal, s’est rendu jeudi en Turquie pour des discussions. Il a été alors convenu que les deux pays formeraient, à l’initiative de Riyad, une mission d’enquête conjointe. “Le royaume a pleinement confiance dans les capacités de cette équipe”, a par la suite déclaré un porte-parole du royaume cité par l’agence de presse saoudienne SPA.

La présidence turque avait annoncé dès jeudi avoir accepté la proposition de Ryad de former une équipe de travail arabo-turque pour enquêter sur la disparition du journaliste saoudien.

“Torturé puis tué” selon le Washington Post

L’éditorialiste critique du pouvoir saoudien et collaborateur du Washington Post n’a plus donné signe de vie depuis son entrée pour des démarches administratives le 2 octobre au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul.

Des responsables turcs ont affirmé qu’il y avait été assassiné par des agents saoudiens. Riyad dément et maintient, sans preuves à l’appui, qu’il a quitté le bâtiment.

Le Washington Post a avancé qu’Ankara aurait affirmé à Washington détenir des enregistrements audio et vidéo montrant comment Khashoggi a été “interrogé, torturé puis tué” à l’intérieur du consulat, avant que son corps ne soit démembré.

Vives réactions aux États-Unis

Sa fiancée, qui l’attendait à l’extérieur, assure qu’il n’en est jamais ressorti et des sources au sein des services turcs de sécurité pensent qu’il a été tué à l’intérieur du consulat par une équipe d’une quinzaine de Saoudiens repartis le jour même dans leur pays.

La disparition de ce résident américain a entraîné de vives réactions aux États-Unis où un nombre croissant de parlementaires, démocrates et républicains, insistent pour que Washington réexamine ses contrats de vente d’armement à l’Arabie saoudite.

Cette hypothèse a toutefois été balayée jeudi par le président Donald Trump.

Avec France24, Reuters et AFP

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