Le numéro deux du département américain de la Justice démissionne

Reuters

 Le procureur général adjoint Rod Rosenstein, qui avait nommé en mai 2017 le procureur spécial Robert Mueller à la tête de l’enquête sur les soupçons d’ingérence russe dans l’élection présidentielle américaine de 2016 et celles de complot entre Moscou et la campagne de Donald Trump, a annoncé lundi qu’il quitterait ses fonctions le 11 mai prochain.

Il était attendu que Rod Rosenstein quitte son poste depuis que le Sénat a confirmé en février la nomination de William Barr, vétéran de la politique américaine, au poste de procureur général.

Rosenstein devait partir dès le mois de mars, mais il est resté en fonction un peu plus longtemps afin d’aider William Barr à préparer la publication du rapport Mueller, qui a été rendu public avec de larges pans caviardésil y a deux semaines.

« Nous appliquons la loi sans crainte ni favoritisme, parce qu’une preuve crédible ne peut être partisane », a écrit Rod Rosenstein, un républicain, dans sa lettre de démission transmise au président américain.

Il a aussi fait écho à deux des phrases signature de Donald Trump, écrivant qu’il avait contribué à recruter des fonctionnaires « dévoués aux valeurs qui font la grandeur de l’Amérique » et ajoutant « nous plaçons toujours l’Amérique en premier ».

Trump, qui a décrit l’enquête russe comme une « chasse aux sorcières », s’était emporté à plusieurs reprises dans le passé contre le département de la Justice et Rod Rosenstein.

Donald Trump avait ainsi choisi dès le mois de février l’actuel secrétaire adjoint du département des Transports, Jeffrey Rosen, comme futur successeur de M. Rosenstein.

L’empreinte de Rosenstein dans les suites du rapport Mueller

Il a joué un rôle de premier plan dans la décision de ne pas accuser le président d’entrave à la justice.

Le rapport Mueller n’a pas établi que la campagne de Donald Trump avait conspiré illégalement avec Moscou. Il n’a pas déterminé si M. Trump s’était rendu coupable d’entrave à la justice, mais a plutôt présenté des arguments allant dans les deux sens.

Après avoir reçu le rapport final, Rod Rosenstein et William Barr avaient pris leur propre décision, estimant qu’il n’y avait pas suffisamment de preuves pour accuser le président.

Des rumeurs insistantes couraient à l’automne dernier sur un possible limogeage de M. Rosenstein à la suite d’un article du New York Timesaffirmant que celui-ci avait mis en doute l’aptitude de Donald Trump à exercer la fonction présidentielle et suggéré d’enregistrer des conversations avec lui, dans l’optique d’invoquer le 25e amendement de la Constitution, qui permet de relever le président de ses fonctions.

Rod Rosenstein a soutenu que l’histoire était « inexacte ». Il avait conservé son poste même si l’article avait alimenté la colère du président.

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