Vladimir Poutine et Kim Jong-un affichent leur volonté de renforcer les liens

Le président nord-coréen Kim Jong-un et son homologue russe Vladimir Poutine se sont retrouvés pour leur premier sommet, jeudi, avec l’objectif de renforcer des “liens historiques”, en pleine impasse diplomatique avec Washington sur le nucléaire.

“Merci d’être venu”, a déclaré Vladimir Poutine, en accueillant Kim Jong-unjeudi 25 avril à Vladivostok, dans la cité universitaire sur l’île Rousski où un important dispositif de sécurité a été déployé. Ni communiqué commun ni signature d’accords ne sont prévus à l’issue du sommet.

Vladimir Poutine a poursuivi en indiquant vouloir “soutenir les tendances positives” sur la péninsule coréenne, théâtre d’une détente spectaculaire depuis début 2018, et renforcer ses relations économiques avec Pyongyang. “Je suis sûr que votre visite aujourd’hui en Russie nous aidera à mieux comprendre par quels moyens nous pouvons résoudre la situation sur la péninsule coréenne, et ce que la Russie peut faire pour soutenir les tendances positives qui ont lieu actuellement, a-t-il déclaré. Sur le plan bilatéral, nous avons beaucoup à faire pour développer nos relations économiques”.

Premier sommet depuis 2011

Deux mois après l’échec retentissant de sa deuxième rencontre avec Donald Trump à Hanoï, Kim Jong-un cherche des soutiens dans son bras de fer avec Washington et un certain rééquilibrage de ses relations entre Pékin, son plus proche soutien, et Moscou, son ancien allié de la Guerre froide. C’est l’URSS qui avait placé au pouvoir son grand-père et fondateur de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), Kim Il-sung.

Il s’agit du premier sommet à ce niveau entre les deux pays depuis celui en 2011 entre l’ex-président Dmitri Medvedev et Kim Jong-il. Ce dernier avait alors affirmé qu’il était prêt à renoncer aux essais nucléaires. Kim Jong-un a depuis présidé à quatre essais nucléaires dont, potentiellement, celui d’une bombe à hydrogène en 2017, et au lancement de missiles intercontinentaux capables d’atteindre l’ensemble du territoire continental américain.

Signe de la dégradation observée avec Washington, Pyongyang s’est fendu la semaine dernière d’une attaque d’une rare violence contre Mike Pompeo, en demandant que le secrétaire d’État américain ne participe plus aux discussions sur la dénucléarisation.

Ce dernier, dans une interview accordée à la chaîne CBS mercredi, s’est montré prudent sur la suite du dialogue. “Ça va être mouvementé. Ça va être difficile”, a-t-il estimé, se disant persuadé que Kim Jong-un est prêt à prendre des mesures en vue de l’abandon de ses armes nucléaires, en échange d’une moindre isolation.

Moscou prône un dialogue avec Pyongyang sur la base d’une feuille de route définie par la Chine et la Russie. Cette dernière a déjà demandé la levée des sanctions internationales, tandis que les États-Unis l’ont accusée d’aider Pyongyang à les contourner.

Coopération économique

“Certains pays occidentaux revendiquent un leadership mondial, ils bafouent sans vergogne les normes et principes du droit international, pratiquent le chantage, les sanctions et les pressions et tentent d’imposer leurs valeurs et idéaux sur des pays et populations entiers”, a critiqué Vladimir Poutine dans un entretien au Quotidien du peuple.

Outre le dossier nucléaire, les deux dirigeants devraient évoquer le renforcement de leur coopération économique et plus particulièrement la question de la main-d’œuvre nord-coréenne. Environ 10 000 travailleurs son employés en Russie, représentant une source précieuse de devises pour Pyongyang. La résolution 2397 du Conseil de sécurité de l’ONU de décembre 2017 demande à tous les pays employant des Nord-Coréens de les renvoyer chez eux sous deux ans.

Avec AFP

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